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Propositions pour des jeunes 18 - 30 ans et pour des adultes sans limite d'âge!

Vie en communauté, avec les religieux assomptionnistes

Différents postes en France et à l'étranger

Témoignages et articles de presse

+ Marie-Claire Rouquet, Jérusalem

Me voici donc depuis déjà un mois au sein de la communauté assomptionniste à Jérusalem, plus exactement à St Pierre en Gallicante, où est commémoré le reniement de Pierre avant que le coq n’ait chanté 3 fois.

L’accueil qui me fut réservé fut à la hauteur de l’esprit assomptionniste, accueillir l’autre tel qu’il est avec ses qualités et ses défauts et l’intégrer à la communauté pour qu’il se sente comme chez lui, je peux dire que c’est mission réussit car il me semble être dans ces murs depuis très longtemps.

La première semaine fut surtout consacrée à la découverte des différents recoins que recèle le site de St Pierre, à l’observation de la vie communautaire, aux règles qui la régissent, cela est tout nouveau pour moi, j’ai toujours vécu en indépendance totale depuis que je travaille, il me faut donc composer avec les uns et les autres et leurs caractères, tout comme eux avec le mien !!! me plier à des horaires pour les repas, alors que lorsque vous vivez seule vous êtes « libre », faire attention de ne pas gêner tout en sachant se rendre utile, être comme une petite souris. Diverses tâches m’attendaient avant mon arrivée, je savais donc à quoi m’attendre. Elles devaient aller de l’aide à l’accueil des pèlerins venant sur le site, à seconder l’économe dans ses tâches comptables, elles sont toutes en place et sont complétées régulièrement par des nouvelles qui vont du rangement dans la bibliothèque à de la traduction en anglais auprès des diverses personnes au service de la communauté en passant par l’archivage de données.

La vie en Israël demande tout d’abord une adaptation aux langues, non je placerai en premier la conduite, qui a dit qu’en France nous ne savions pas conduire ? ici tous les éléments qui régissent le code de la route sont présents mais servent de décoration pour le paysage, les feux tricolores sont dans l’ensemble respecté mais les clignotants sont certainement en option sur les véhicules et le meilleur ami de « l’homo automobilus » est le klaxon, sans lui point de salut…on peut dire que la conduite est sportive. J’en reviens maintenant aux langues qui pour moi sont encore étrangères et qui je pense le resteront même après un an de présence en Israël. Cela est assez comique lorsque vous êtes au supermarché et que vous ne savez pas trop quoi acheter, heureusement il y a les dessins sur les boîtes, sinon c’est un peu pochette surprise, c’est en goûtant que l’on sait si le produit acheté était bien celui voulu !!! Dans la rue vous êtes sauvés par l’anglais, parlé ou massacré par la majorité des personnes que vous croisez, finit le complexe du français qui n’ose pas parler de peur d’être ridicule, tout le monde l’est avec les accents divers et variés qui arrivent aux oreilles.

Jérusalem est un véritable « melting pot » où toutes les confessions se côtoient, se croisent mais se rencontrent rarement pour ne pas dire jamais, c’est une ville commune aux 3 religions monothéistes mais dans laquelle chacun vit sa vie avec et à travers sa communauté religieuse. Noël se prépare mais peu de signes extérieurs le laissent voir, pas d’étalage ou de sur enchères de décoration dans les rues, quelques échoppes des souks proposent des guirlandes, la France et ses débauches de publicité, pour des cadeaux tous plus chers les uns que les autres et souvent sans grande utilité, est ici totalement oublié, Noël retrouve son sens premier : Dieu fait homme.

Cependant ce premier mois de volontariat a pour moi également été un mois de réflexion, un mois où je me suis dis, « as-tu fais le bon choix en quittant Toulouse, ta famille, tes ami(e)s, ton travail pour une période qui semblera courte à certains et très longue à d’autres ? », je peux dire que ma réponse est oui, à aucun moment le mal du pays n’est venu me rendre visite. La présence des frères qui sont sur le site y est certainement pour beaucoup, la liberté qu’ils m’accordent vis-à-vis de ma vie de foi, tout en sachant qu’ils m’accompagnent, me permet de me sentir à l’aise ici, merci à eux. Je ne regrette en rien cette coupure avec mon quotidien français « Peugeot, boulot dodo »…mon adaptation pour l’instant est réussit, je la vois comme cela et espère qu’elle va se poursuivre tout au long des mois à venir, pour ne plus être une adaptation mais ma vie quotidienne tout simplement.


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7 mois, déjà 7 mois en Terre Sainte, 7 mois à St Pierre en Gallicante et je n’ai pas vu passer le temps, il me semble à la fois être là depuis bien plus longtemps que cela, tant mon adaptation a été rapide grâce à la gentillesse de la communauté des pères ainsi qu’à celle des Oblates de l’Assomption qui est également présente sur le site, et en même temps il me semble que mon arrivée date d’hier car il y a toujours quelque chose à découvrir tant le site est riche.

Comment résumer 7 mois en quelques lignes, 7 mois avec Noël et Pâques. Noël, fête de la famille, Noël fêté avec mes parents venus me rendre visite, Noël en Terre Sainte, j’avais du mal à réaliser que cela était bien vrai et même encore en regardant les photos, je me demande si cela a bien eu lieu, ce fut fantastique.

L’autre moment fort a eu lieu avec la Semaine Sainte à Jérusalem. Comment décrire l’ambiance qui règne à ce moment là, c’est assez difficile car cette année toutes les Pâques s’étaient données rendez-vous au même moment. De nombreux orthodoxes venus de Russie ont littéralement envahi la ville, mais de nombreux pèlerins catholiques sont aussi venus fêter la Résurrection du Christ sur les lieux même…je suis très heureuse d’avoir pu vivre Pâques ici…comment décrire le fait de se rendre au St Sépulcre le dimanche de Pâques, d’être au cœur même de la Résurrection…les mots ne sont pas suffisants pour transcrire et décrire le tout.

Ma vie à St Pierre a bien entendu changé, évolué en 7 mois. Mes marques sont depuis pas mal de temps bien prises et les activités sont très, très variées, même si elles tournent pas mal au niveau de l’intendance de la maison avec des remplacements aux postes des employés (accueil, cuisine, magasin…) mais ce qui a le plus changé ici depuis mon arrivée : c’est moi.

J’ai quitté mon stress toulousain, j’ai quitté les embouteillages du matin et du soir, j’ai abandonné mes tracas journaliers franco-français pour me retrouver dans la famille de l’Assomption. Certes, tout n’est pas non plus rose ici mais l’aide des frères et des sœurs permet de reprendre pied quand le moral baisse, je sais que l’écoute est grande, que le regard porté sur l’autre permet de se sentir soutenu même si les paroles ne sont pas toujours là, le regard est bien présent et remercie la Communauté pour cela.

Je n’avais jamais vécu au sein d’une communauté religieuse, et je découvre ici la richesse de la vie communautaire, malgré les caractères des uns et des autres, la fraternité existe. Je découvre la vie de prière à travers les offices, (et pourtant je dois le confesser, je n’y suis pas très assidue, et apprécie énormément la liberté que me laissent les frères), ils sont les guillemets de la journée, ils ouvrent et ferment la journée laissant tout le loisir de repenser à ce que l’on fera et à tout ce que l’on a fait.

Le choix de la coupure non seulement d’avec mon pays, mes amis, ma famille, mon quotidien…et tout ce qui va avec, c’est-à-dire les habitudes bonnes ou mauvaises, est pour moi actuellement tout bénéfice, aucun regret bien au contraire, ce temps de réflexion sur ma petite personne et sur le pourquoi de ce besoin de coupure avec ma vie en France viennent régulièrement à mon esprit…et des réponses commencent à poindre.

Il ne me reste que 5 mois à passer à Jérusalem, ils vont comme les 7 premiers passer très vites, j’en suis certaine, et vont eux aussi être très riches en rencontres, en partages, en découvertes…j’ai toute confiance.

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