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Propositions pour des jeunes 18 - 30 ans et pour des adultes sans limite d'âge!

Vie en communauté, avec les religieux assomptionnistes

Différents postes en France et à l'étranger

Témoignages et articles de presse

+ Marcel Chapuy, Vietnam

IL N’Y A PAS D’ÂGE POUR ÊTRE VOLONTAIRE ASSOMPTION. MARCEL, PROFESSEUR DE FRANÇAIS À LA RETRAITE, RACONTE SON ANNÉE D’ENSEIGNEMENT À SAIGON ET LAISSE UN MESSAGE AUX ASSOMPTIONNISTES VIETNAMIENS.

Ne fallait-il pas que nous fussions un peu fous tous les deux, la Congrégation pour me le proposer et moi pour l’accepter. L’Écriture est très claire : « Un temps pour planter, un temps pour récolter. » Il n’en fut rien. Près de dix ans après avoir pris la retraite de l’éducation nationale, ce fut un nouveau départ vers d’autres cieux et d’autres élèves.

Ma lettre de Mission était on ne peut plus claire : « Vous aiderez les jeunes candidats et postulants à la vie religieuse assomptionniste à apprendre le français, ce qui leur permettra de mieux vivre les liens de fraternité et de partage avec le reste de la congrégation ».

Je me retrouvai donc, à partir du 15 septembre, face à deux groupes d’une douzaine de jeunes, certains débutants complets, d’autres ayant déjà un bon niveau grâce à l’action de Romain, volontaire l’année précédente. Dès le départ, je ne voulus pas adopter une des méthodes proposées : elles me semblaient surtout beaucoup trop franco-françaises. Je ne pouvais infliger aux étudiants et ‘une journée avec Laure Manaudou’ et ‘une recherche d’appartement à Paris’. J’en revins, au début, aux méthodes de langage - que j’avais utilisées dans d’autres pays - qui se résument en : priorité à la parole de l’élève. Dans la suite, les leçons devinrent plus ‘classiques’ avec grammaire, conjugaison et autres ingrédients mais toujours avec le souci d’utiliser rapidement ce qui est appris.

L’enseignement était dispensé en deux lieux : dans un des quartiers de Saigon, une salle prêtée par les franciscains où l’un des jeunes me conduisait à moto, et un peu en banlieue, près de l’aéroport où je me rendais en bus et passait la journée avec les jeunes responsables de l’orphelinat. Il faut ajouter, chose importante, que chaque groupe comprenait une assez large présence féminine (Petites Soeurs de l’Assomption, Oblates au premier trimestre, Amantes de la Croix et autres). Cette mixité est une richesse : les jeunes filles apportent leur dynamisme, leur souci du travail bien fait, leur enthousiasme particulier.

Si j’eus beaucoup de plaisir à me retrouver devant les jeunes, malgré la fatigue inhérente à l’âge, j’en eus aussi beaucoup à vivre (prières et repas) une bonne partie de mes journées avec la communauté de la rue Tran Van Ky (le volontaire a une chambre dans une famille à cinquante mètres des religieux). Première communauté assomptionniste au Vietnam, fondée en 2006, située dans un quartier qu’eût adoré le fondateur à cause de la simplicité de la population, c’est un groupe jeune, dynamique, sportif, pour qui la vie de prière est importante et qui participe activement à la vie religieuse des paroisses environnantes. Il fallut s’adapter – mais est-ce une des qualités de la seule jeunesse ? - à un monde nouveau que j’avais en partie oublié. Je fus bien aidé par beaucoup d’attentions de la part de tous ; non pas une présence lourde et envahissante qui finit pas peser, mais un respect de la liberté qui me semble une des grands règles de cette congrégation. Je regrette surtout de ne pas avoir pu apprécier les ‘Propos de tables’ : mais je me suis régalé à observer les éclats de rires, les mimiques et le ton de voix de chacun. Que vais-je retirer de ce séjour ? Pour bien clarifier les choses, j’aimerais citer cette phrase qu’on trouve dans les Lettres de Mme de Sévigné : ‘C’est toujours soi qu’on cherche à satisfaire en toutes choses’ Beaucoup de découvertes : des frères et des prêtres pieux, actifs, attentifs aux autres, très sérieux mais ne se prenant pas au sérieux ; des élèves courageux et travailleurs, ouverts et désireux de se perfectionner ; une ville vivante, animée, travailleuse - peut-être trop ; ‘ma rue’, des gens de peu - comme moi - mais tellement accueillants, souriants, chaleureux; trois amis, M. Pham, 85 ans, dont un certain nombre parmi les révolutionnaires communistes et qui sait encore par coeur bien des passages des ‘’Pauvres gens’’, Mme Bich, mère de famille, protestante fervente qui adore ‘’ Le Petit Prince’’ et Ong Cam, traducteur et interprète dans le Tactical Group 17 et aujourd’hui chauffeur de taxi-moto. Que de « caphê » et de discussions au Nam Viet, le samedi aprèsmidi…

Pour terminer, je voudrais exprimer ma très grande reconnaissance à tous : à frère Didier qui m’a choisi, à la Congrégation qui m’a fait confiance, à la communauté qui m’a accueilli avec beaucoup d’amitié. Vais-je paraître prétentieux - n’y a-t-il pas un âge où on obtient facilement le pardon - si je me permets de souhaiter à tous ceux qui sont ici : Restez fidèle à l’esprit de Tran Van Ky : simplicité, ouverture, accueil, souci des plus pauvres. Mission originale pour l’Assomption au Vietnam.

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